Prière du jour

Père, durant ce temps de Carême, donne-nous cette grâce d’être renouvelés dans l’écoute et l’accueil du Mystère de ton Fils qui continue à se donner à nous dans l’Écriture et l’Eucharistie. Puissions-nous être pénétrés de sa présence pour qu’il vive en nous et porte autour de nous un fruit de vie. Seigneur, Père, merci pour cette Manne de vie éternelle que tu nous donnes. Seigneur Jésus, tu nous enseignes que “l’homme doit vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu” (Mt 4, 4). Que ton Esprit nous aide à ne laisser perdre aucune miette de cette nourriture d’immortalité !

Évangile d’aujourd’hui

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, 1-18

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu

Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! Moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. (Mt 5, 20-26)

Méditations

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens ». Qu’est-ce que c’est que la justice des scribes et des pharisiens ? Les scribes et pharisiens étaient considérés comme le meilleur de l’accomplissement de la loi juive, ils se présentaient comme les modèles à suivre. Or le sommet de cette loi, c’était « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev 19, 18), car Dieu ne pouvait demander de son peuple que ce qu’il lui était possible de comprendre, et chacun pouvait comprendre ce que c’est que de s’aimer soi-même. Jésus vient et nous révèle Dieu, car il est Dieu lui-même. Sur la croix il nous montrera l’étendue de l’amour de Dieu. Ainsi, il peut nous commander de nous aimer les uns les autres, comme il nous a aimés (Jn 13, 34).

« Eh bien ! Moi, je vous dis ». Jésus amène à sa plénitude le cinquième commandement. Il n’est plus simplement question du « Tu ne tueras pas », mais Jésus condamne aussi les emportements contre le prochain. Ce n’est pas « encore plus de règles », mais plutôt c’est un cinquième commandement vécu pleinement et dans les détails. Car à quoi bon se contrôler pour ne pas tuer son prochain, mais l’insulter à chaque fois qu’on le croise ? Vu d’un angle plus positif, Jésus nous invite à ne pas simplement tolérer notre prochain, mais à l’aider humblement jusque dans les détails.

« Si quelqu’un insulte son frère ». Jésus lui-même nous donne l’exemple de cet amour pour le prochain et nous illustre ce commandement. C’est sur la croix qu’il déploiera splendidement l’amour divin qui déborde de son cœur. Combien de fois a-t-il été lui-même insulté, maudit, frappé, outragé, pendant sa Passion et jusqu’à aujourd’hui ? Et pourtant, il a porté la croix de nos péchés jusqu’à la dernière goutte de son sang, il a continué à se donner sans limites pour cette œuvre de rédemption, qui n’avait de raison d’être que le salut de ceux qui le mettaient à mort, et celui de nous qui péchons.

Frère Loïc Chabut, LC

Méditation sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5, 13-16)

Méditations

« Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne ». Au début de la méditation, je peux prendre le temps de laisser résonner en moi l’invitation de Jésus à monter avec lui sur la montagne. Est-ce que je désire vraiment écouter le Seigneur ? Y a-t-il quelque chose qui m’empêche de te désirer ? (Une peur, un doute, une préoccupation ou un souci). Seigneur, je veux mettre de côté tous mes fardeaux afin de t’écouter et te suivre.

« Vous êtes le sel de la terre ». Un plat sans sel n’est pas bon. Ainsi, la terre sans moi, appelé à être son sel, n’est pas bonne. Le Seigneur compte sur moi pour témoigner au monde. Sa parole ne consiste pas en des mots adressés à une foule sans nom, mais à moi, à chacun d’entre nous. Seigneur, donne-moi le courage de te rendre témoignage au travers de ma vie.

« Vous êtes la lumière du monde ». Jésus désire que je sois lumière, même quand je sens que je suis dans les ténèbres. Seigneur, si tu veux que je sois lumière dans le monde, donne-moi ta lumière, la grâce de croire, d’espérer, et d’aimer.

Sarah Cleary, consacrée de Regnum Christi

Lecture de l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » (Mt 5, 1-12)

Méditations sur la liturgie d’aujourd’hui

1ère lecture, Ac 2, 14.22b-32

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole ; il dit d’une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd’hui, écoutez bien ce que je vais vous dire. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien. « Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l’avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens. Or, Dieu l’a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. « En effet, c’est de lui que parle le psaume de David : Je regardais le Seigneur sans relâche, s’il est à mon côté, je ne tombe pas. Oui, mon coeur est dans l’allégresse, ma langue chante de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux pas m’abandonner à la mort ni laisser ton fidèle connaître la corruption. Tu m’as montré le chemin de la vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence. « Frères, au sujet de David notre père, on peut vous dire avec assurance qu’il est mort, qu’il a été enterré, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous. Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas connu la corruption. « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. »

Évangile selon St Matthieu, chapitre 28, 8-15

Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”
Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Méditations

1. La liturgie d’aujourd’hui nous offre un exemple concret de l’interprétation chrétienne de l’Écriture centrée sur le mystère du Christ mort et ressuscité pour nous par amour. En effet, c’est l’événement historique et réel de la Résurrection de Jésus et son commandement d’aller l’annoncer que saint Pierre annonce et met en pratique dans la première lecture. Le passage des Actes des Apôtres (Ac 2, 14.22b- 33) exprime le noyau de la foi et de la prédication apostolique primitive qui a transformé le monde. Nous pouvons résumer ainsi cette annonce : « Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer » (Evangelii Gaudium). Dans la première catéchèse d’un Pape, l’argument plus fort pour prouver la Résurrection de Jésus se trouve dans l’Écriture elle-même et plus précisément à l’intérieur du psaume 15 (16), car Pierre s’adressait aux hommes de Judée et à ceux qui résidaient à Jérusalem et ces hommes connaissez les Écritures et les promesses concernant le descendant de David. Nous lisons aujourd’hui à la messe : « Aussi, mon cœur exulte, mes entrailles jubilent, et ma chair reposera en sûreté ; car tu ne peux abandonner mon âme au shéol, tu ne peux laisser ton ami voir la fosse » (Ps 16, 9-10) L’espérance de David se réalise en Jésus ressuscité.

2. « Alors Jésus leur dit : “Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront” » (Mt 28, 10). Les indications de Jésus sont très concrètes, mais l’annonce principale, l’annonce qui est au cœur des femmes est fondamentalement autre : il est vivant, il nous a parlé, il nous fait bouger, nous, et tous les soldats qui ne savent pas comment taire la réalité de ces événements. Tout le monde commence à bouger autour de Jésus, pour ou contre lui. Le vivant réveille un monde endormi encore de nos jours et nous invite à proclamer comme saint Pierre le fondement de la foi chrétienne : l’amour de Dieu pour chacun de nous manifesté en Jésus (Jn 3, 16) ; le salut qu’il nous offre nous arrachant au pouvoir de la mort (Rm 6, 8) ; sa présence aujourd’hui parmi nous (Mt 28, 20) pour nous guider (Jn 14, 6), nous fortifier et nous libérer (Rm 8, 31). Cette foi est la source de notre joie et de notre espérance. C’est intéressant de noter que cette première prédication constate la mise à mort de Jésus par la main des impies, mais elle n’a pas comme finalité l’appel à la vengeance, à la condamne, à la haine. Elle est fondamentalement annonce du salut, d’un amour qui libère et donne vie.

3. Comment accueillir cette annonce avec un cœur nouveau en ce temps de Pâques ? Tout d’abord Jésus nous invite à réécouter dans la lecture priante de l’Écriture cette annonce qui est schématisée dans les premiers discours des apôtres, mais il est l’expression de toute la vie et du mystère de Jésus. Ensuite, il nous faut accueillir cette vérité dans la gratuité : nous n’avons rien fait pour mériter un tel don. Je répète, ce ne sont pas nos jeûnes et nos prières de Carême qui nous ont mérité l’amour de Dieu, en tout cas ils nous disposent, certes, mais nous n’avons pas payé 40 jours de corvée pour bénéficier de 50 jours de Pâques. À la gratuité suit la réélection : redire à Dieu dans notre cœur, dans la prière, que nous voulons sa vie divine vivifiant la nôtre, lui présenter tout notre être, non pas comme une obligation, mais comme une offrande libre. Et finalement, faire de cette annonce la musique qui rythme ma vie, mes pensées, le battement de mon cœur et l’incarner avec joie au quotidien : pour le chrétien il n’y a pas de vrai accueil sans incarnation.

– Frère Roger Villegas, LC