Évangile d’aujourd’hui et prière

Évangile selon saint Marc, chapitre 7, 1-13

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. – Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s’être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l’Écriture : Ce peuple m’honore des lèvres,mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Et vous, vous dites : ‘Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont corbane, c’est-à-dire offrande sacrée.’ Vous l’autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Prière

« Seigneur ouvre mes yeux sur ma duplicité, sur mes compromissions avec l’esprit d’hypocrisie et d’orgueil. Ne permets pas que je tombe dans le piège d’une religiosité sans âme, qui se réduirait à l’observance d’un ensemble de prescriptions par lesquelles je prétendrais me justifier devant toi. Ne permets pas que de l’une ou l’autre manière j’“annule ta Parole” pour obéir à des préceptes humains qui flattent mon orgueil. Donne-moi de revenir vers toi de tout mon cœur et de t’honorer par toute ma vie et pas seulement de mes lèvres. Envoie sur moi ton Esprit Saint : qu’il arrache mes masques d’hypocrisie et me renouvelle dans la foi, l’espérance et la charité, pour que je puisse “pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec toi ” (Mi 6, 8) sur le chemin de la vie ».

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Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Méditations

« Où veux-tu que nous préparions la Pâque ? » La beauté de ce sacrement est justement en cela : ce n’est pas nous qui avons choisi Dieu, mais lui qui nous a choisis. C’est le Christ, Dieu lui-même, qui a décidé de demeurer parmi nous, de la manière la plus simple et humble. Ceci est la nouveauté du catholicisme : Dieu lui-même s’abaisse ; il aime tant l’homme qu’il désire demeurer avec lui pour toujours. Avons-nous conscience de ce don de Dieu ?

Ce sont les disciples qui interrogent le Christ. C’est l’attitude qu’il faut avoir dès le début. Seigneur où veux-tu que je te cherche ? Où veux-tu te révéler à moi ? Il est difficile pour Dieu de pouvoir se manifester lorsque l’homme lui impose ses conditions, parce qu’il ne lui reste que la porte étroite et bornée de la raison humaine. Au contraire, lorsque l’on s’abandonne un peu à la foi, qui, bien que raisonnable, implique toujours un saut de la foi, c’est alors que l’on rencontre l’horizon infini de l’amour, où Dieu peut se manifester sous les formes les plus « absurdes » par amour pour nous.

« Ceci est mon Corps ». L’Évangile est radical, comme les paroles de Jésus. « Ceci est mon Corps » ; il n’y a là aucun sens figuré. A quel point croyons-nous en cette présence réelle du Christ ? S’il existait une banque qui donnerait un chèque de 100 mille euros pour le simple fait de faire la queue, combien de fois ferions-nous la queue ? Probablement plus d’une fois, indépendamment des conditions climatiques. Pourquoi n’assistons-nous pas à la messe ou n’allons-nous pas à la chapelle, avec la même fréquence ? Nous recevons quelque chose de plus précieux que 100 mille euros et de beaucoup plus transcendant que quelques papiers de valeur.

La question est ici de savoir, une fois de plus, si cela nous paraît logique ou pas, si cela a du sens ou si c’est absurde. Lorsqu’il y a cette volonté humble et soumise qui accepte Dieu sans conditions, on peut réussir à croire avec une foi solide. Lorsque, dès le début, il y a préjugé et simple raisonnement, il est très difficile de pouvoir se laisser toucher par la simplicité et la tendresse de Dieu.

« Ils partirent plus tard au mont des oliviers ». Là où souffrirait Jésus. La foi, rappelons-le, ne nous libère pas des problèmes, mais nous donne bravoure, joie et courage pour les affronter. Celui qui expérimente réellement Dieu dans l’Eucharistie, ne se laisse ébranler par aucun tourment ou problème. Il y aura des tourments qui lui inspireront la peur, l’agitation, et qui le feront même trébucher, mais à aucun moment ils ne l’abattront.

– Hector Andrade, laïc consacré de Regnum Christi

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

Un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. (Mc 12, 28-34)

Méditations

Un scribe vient poser une question, qui, pour une fois, semble-t-il, ne contient pas de piège. Et de fait, cette question sur le premier commandement est une question centrale. Peut-être la question la plus importante. Poser cette question, c’est demander : Seigneur, que dois-je faire ? Qu’est-ce qui est le plus important dans la vie, la chose à laquelle je ne peux pas ne pas porter attention ? C’est une question que nous nous posons tous. Que dois-je faire ? C’est aussi au bout du compte se demander : qu’est-ce qui donne un sens à ma vie ?

Sainte Thérèse de Lisieux, dans une de ses poésies, écrit : « La charité, voilà ma seule étoile. À sa clarté je vogue sans détour. J’ai ma devise écrite sur ma voile : Vivre d’Amour ». L’amour, voilà ce qui donne du sens à notre vie. L’amour, c’est la réponse si simple et si profonde à la question « que dois-je faire ? » Dieu ne nous donne pas une liste de choses à faire, il nous donne une consigne qui doit imprégner tout ce que nous accomplissons : aimer. Rien ne paraît plus simple, mais rien n’est plus exigeant. Car cela implique que nous changions notre cœur, c’est de là que vient le véritable amour. Et cela ne nous laisse pas de repos : c’est tout notre être, tous nos actes, toutes nos pensées qui doivent se faire guider par l’amour.

Si l’amour envers les autres est quelque chose que notre société accepte et même valorise, n’oublions pas que le premier que nous devons aimer, c’est Dieu. Et cela le monde a beaucoup plus de mal à l’accepter. Et pourtant, comme le montrent les systèmes politiques qui ont essayé de construire une société sans Dieu, le véritable amour pour les hommes ne peut venir que d’un véritable amour pour Dieu. L’homme reçoit toute sa valeur et sa dignité justement du fait qu’il est aimé de Dieu. Faisons donc nôtre cette devise si chère à Louis Martin, le père de sainte Thérèse : Si l’amour envers les autres est quelque chose que notre société accepte et même valorise, n’oublions pas que le premier que nous devons aimer, c’est Dieu. Et cela le monde a beaucoup plus de mal à l’accepter. Et pourtant, comme le montrent les systèmes politiques qui ont essayé de construire une société sans Dieu, le véritable amour pour les hommes ne peut venir que d’un véritable amour pour Dieu. L’homme reçoit toute sa valeur et sa dignité justement du fait qu’il est aimé de Dieu. Faisons donc nôtre cette devise si chère à Louis Martin, le père de sainte Thérèse : « Dieu premier servi ».

Frère Jean Marie Fornerod, LC

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler, et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. »
Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » « De César », répondent-ils.
Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

Méditations

Dans cette scène, nous retrouvons les adversaires de Jésus, qui viennent lui tendre un nouveau piège pour pouvoir le condamner. Cette fois-ci ils veulent lui faire dire une parole contre l’occupant romain, pour pouvoir ensuite le dénoncer et qu’il soit condamné. Dans leur hypocrisie, ils commencent donc par le flatter, tout en lui rappelant qu’il ne doit pas se laisser influencer et qu’il faut qu’il parle dans la vérité. Ils voulaient sans doute l’inciter à ne pas avoir peur de prendre position contre les romains, afin qu’ils puissent obtenir ce qu’ils voulaient.

Mais Jésus, qui lit dans leurs pensées, échappe à leur piège, tout en nous instruisant sur la question que posent les pharisiens. Question qui, en elle-même, est légitime. Dieu a donné aux hommes le soin de s’occuper de la création, de la terre, et de s’organiser pour construire une société qui contribue au bien commun et au bien de chaque personne. Et, de fait, les premiers chrétiens n’ont pas cherché à construire leur propre nation, leur propre pays. Jésus nous demande de vivre au milieu du monde, respectant l’autorité légitime, en donnant le témoignage d’une vie chrétienne dans notre milieu de vie.

S’il faut rendre à César ce qui est à César, il faut tout d’abord rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Les premiers chrétiens vivaient dans l’empire romain et respectaient ses lois. Mais, quand l’empereur, outrepassant sa légitime autorité d’organisation de la vie sociale, politique et économique, voulut obliger les chrétiens à l’adorer comme un dieu, ils refusèrent, et beaucoup furent martyrisés. Ce qui est le plus important, notre foi, notre appartenance au Christ, doit toujours avoir la première place dans notre vie. Notre âme a plus de prix que tous les trésors de la terre, c’est à Dieu qu’il faut la confier, et à personne d’autre.

Frère Jean Marie Fornerod, LC

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.
Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !”
Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres.
N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! »
Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. ? Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent. (Mc 12, 1-12)

Méditations

Ce passage de l’Évangile de Marc se situe peu avant la mort de Jésus. Nous savons que Jésus passa ses derniers jours avant sa Passion à Béthanie, chez ses amis, et, la journée, il se rendait dans les environs du Temple. Aux chefs des prêtres, qui juste avant avaient essayé de le piéger pour le condamner, il donne cette parabole.

Dieu avait, depuis des siècles, conclu une alliance avec les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Mais le peuple choisi se détourna plusieurs fois de son Dieu, pour se tourner vers des idoles. Dieu envoya alors les prophètes, qui, comme les serviteurs de la parabole, furent souvent mal reçus, parfois jusqu’à être mis à mort. Dieu envoya alors son Fils. Mais les chefs des prêtres (en charge de la vigne, c’est-à-dire de la vie religieuse d’Israël) ne le reçurent pas, au contraire ils le mirent à mort. Tel est le drame de ce Dieu qui aime son peuple, et qui fait tout ce qu’il peut pour qu’il se réconcilie avec lui. Et c’est le drame de l’homme, qui se détourne de son Créateur, pour se tourner vers les idoles : l’argent, le plaisir, le pouvoir, l’orgueil.

Demandons-nous alors ce que nous faisons avec la vigne que le Seigneur nous a confiée. Notre famille, notre travail, nos amis,… Dieu nous a confié tout cela pour que nous en prenions soin, et non pour que nous en profitions égoïstement. Voulons-nous d’abord servir, ou être servis ? Pouvons-nous dire que nous nous occupons sérieusement et charitablement des personnes que le Seigneur nous a confiées ?

Frère Jean Marie Fornerod, LC

Méditations sur la liturgie d’aujourd’hui

Christus Bartimaeus par Johann Heinrich Stoever Erbach Rheingau ; photographie par Haffitt publiée sous license CC-BY-SA 3.0.
Christus Bartimaeus par Johann Heinrich Stoever Erbach Rheingau ; photographie par Haffitt publiée sous license CC-BY-SA 3.0.

Lecture de l’Ancien Testament

Je vais rappeler les œuvres du Seigneur. Ce que j’ai vu, je vais le raconter : c’est au moyen de sa parole que le Seigneur a réalisé ses œuvres. Comme le soleil, dans son éclat, regarde chaque chose, ainsi la gloire du Seigneur rayonne dans toute son œuvre. Il n’a pas été possible aux anges, les saints du Seigneur, de décrire toutes les merveilles de sa création, celles que le Seigneur tout-puissant a fondées pour que l’univers soit affermi dans sa gloire. Le Seigneur a scruté aussi bien les profondeurs de l’abîme que le cœur des hommes, il a discerné leurs subtilités. Car le Très-Haut possède toute connaissance, il a observé les signes des temps, faisant connaître le passé et l’avenir, et dévoilant les traces des choses cachées. Aucune pensée ne lui a échappé, pas une parole ne lui a été cachée. Il a organisé les chefs-d’œuvre de sa sagesse, lui qui existe depuis toujours et pour toujours : rien ne peut lui être ajouté ni enlevé, il n’a eu besoin d’aucun conseiller. Comme toutes ses œuvres sont attirantes, jusqu’à la plus petite étincelle qu’on peut apercevoir ! Tout cela subsiste pour toujours ; pour répondre à tous les besoins, tout lui obéit. Toutes les choses vont deux par deux, face à face, il n’a rien fait de défectueux, une chose confirme l’excellence de l’autre : qui peut se rassasier de contempler la gloire de Dieu ? (Si 42, 15-25)

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

Et tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin. (Mc 10, 46-52)

Méditations

La ville païenne de Jéricho, aux antipodes religieux de Jérusalem, s’est vue traversée par la divine miséricorde dans le visage humain de Jésus. Le publicain Zachée avait été converti (cf. Luc 19, 1-10) et une foule a reçu un message de réconciliation avec Dieu.

De la même manière, l’Évangile du salut a traversé notre histoire bimillénaire. Comme Bartimée, nous voici, à la sortie d’un passé profondément chrétien. Nous avons entendu parler de Jésus, grâce au témoignage de foi transmis de génération en génération, que l’on appelle la Tradition, mais nous n’avons pas vu son visage. Sommes-nous capables de ce même acte de foi et d’espérance que Bartimée : « Fils de David, prends pitié de moi ! » ?

Entre Jésus et Bartimée, il y a une foule : des disciples et des témoins. La foule accapare Jésus pour soi, selon la loi du plus fort, et le rend inaccessible au plus faible. Mais Jésus veut transformer cet obstacle en tremplin d’évangélisation. Le mandat d’appeler concerne tout baptisé qui se veut être disciple du Christ.

Jésus se sert de la médiation humaine pour faire parvenir l’Évangile non seulement dans l’extension spatio-temporelle de la création, mais aussi dans les profondeurs des âmes et des cœurs. « Entre Jésus et Bartimée, il y a une foule : des disciples et des témoins. La foule accapare Jésus pour soi, selon la loi du plus fort, et le rend inaccessible au plus faible. Mais Jésus veut transformer cet obstacle en tremplin d’évangélisation. Le mandat d’appeler concerne tout baptisé qui se veut être disciple du Christ.

Jésus se sert de la médiation humaine pour faire parvenir l’Évangile non seulement dans l’extension spatio-temporelle de la création, mais aussi dans les profondeurs des âmes et des cœurs. « Appelez-le » veut dire : Annoncez au monde que je m’intéresse personnellement à chaque homme. Mon message de salut n’est pas un manifeste politique, mais un appel à un chemin individuel de conversion. Et moi, est-ce que j’ouvre un chemin vers Jésus ou suis-je un barrage, autant pour les autres que pour moi-même ? » veut dire : Annoncez au monde que je m’intéresse personnellement à chaque homme. Mon message de salut n’est pas un manifeste politique, mais un appel à un chemin individuel de conversion. Et moi, est-ce que j’ouvre un chemin vers Jésus ou suis-je un barrage, autant pour les autres que pour moi-même ?

La guérison que Jésus réalise sur l’aveugle est un signe très fort, car il le sort de sa nuit où il était enfermé. Jésus veut être la lumière de nos vies : « Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12). Dans la nuit de mon existence et plus encore de mon péché, ne suis-je pas ce « Bartimée » ?

À l’écoute de l’appel de Jésus, les dispositions de Bartimée permettent à l’œuvre de salut de porter son fruit : en quittant son manteau, il abandonne sa vie ancienne pour se lancer vers Jésus. Il n’a rien à perdre et tout à gagner : au-delà de la vue, il trouve un idéal de vie qui donne sens et but à l’existence ? la foi. En fin de compte, l’aveugle a vu ce que les voyants ne voient pas : l’âme a soif d’une rencontre de miséricorde avec le Seigneur. Lorsque Jésus m’appelle, ai-je la sensation de perdre quelque chose ? Le nouvel idéal me fascine-t-il inlassablement ou me lasse-t-il sans me fasciner ?

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

Méditations sur la liturgie d’aujourd’hui

Lecture de l’Ancien Testament

« C’est présenter de multiples offrandes que d’observer la Loi ; c’est offrir un sacrifice de communion que de s’attacher aux commandements. C’est apporter une offrande de fleur de farine que de se montrer reconnaissant ; c’est présenter un sacrifice de louange que de faire l’aumône. On obtient la bienveillance du Seigneur en se détournant du mal ; on offre un sacrifice d’expiation en se détournant de l’injustice. Ne te montre pas les mains vides en présence du Seigneur. Accomplis tout cela parce que tel est son commandement. L’offrande de l’homme juste est comme la graisse des sacrifices sur l’autel, son agréable odeur s’élève devant le Très-Haut. Le sacrifice de l’homme juste est agréé par Dieu ; la partie de l’offrande brûlée en mémorial ne sera pas oubliée. Rends gloire au Seigneur sans être regardant : ne réduis pas les prémices du travail de tes mains. Chaque fois que tu fais un don, montre un visage joyeux ; consacre de bon coeur à Dieu le dixième de ce que tu gagnes. Donne au Très-Haut selon ce qu’il te donne, sans être regardant, selon tes ressources. Car le Seigneur est celui qui paye de retour ; il te payera de retour sept fois plus que tu n’auras donné. N’essaye pas de l’influencer par des présents, il ne les acceptera pas ; ne mets pas ta confiance dans un sacrifice injuste. Car le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes. » (Si 35, 1-12)

Lecture de l’Évangile

« Pierre se mit à dire à Jésus : “Voici que nous avons tout quitté pour te suivre.” Jésus déclara : “Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers.” » (Mc 10, 28-31)

Méditations

Pierre fait une confession, Il parle avec sincérité, et le fait aussi au nom de ses camarades, les apôtres : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». Oui, c’est vrai. Pierre a laissé derrière lui une maison, une profession, un paysage bien connu, ses amis et proches. Il a tout quitté pour suivre Jésus. J’imagine que Jésus sourit en entendant Pierre faire cette confession d’amour.

Jésus a aussi tout quitté pour nous « suivre ». Il est parti de son Ciel, il s’est abaissé de sa condition de Dieu pour nous suivre, comme un berger suit la brebis perdue. Il a tout quitté pour être avec nous et nous mener vers son Père. Pour lui, nous sommes sa grande richesse, notre amour lui est irremplaçable et unique.

Pierre, peut-être, ne se rappelle pas qu’il y en avait d’autres qui avaient tout quitté avant lui : Abraham quitta sa terre et la maison de son père pour aller là où Dieu le mènerait. Moïse et le peuple élu se mirent en marche vers la Terre Promise. « Tout quitter », c’est laisser le connu, la sécurité derrière soi, pour aller là où on ne connaît pas, avec la seule assurance que c’est le Seigneur lui-même qui appelle et accompagne.

Pierre quitte tout, non pour aller vers l’inconnu, mais pour suivre quelqu’un avec qui il avait déjà une amitié. Les sacrifices que Dieu nous propose ne sont pas simplement pour nous priver des bonnes choses, mais ils nous permettent de choisir le meilleur. Comme disait Jésus à Marthe : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée » (Lc 10, 42).

Oui, Jésus est lui-même notre plus grande récompense. Mais il sait, car il l’a vécu lui-même, que nous sommes des êtres incarnés, de chair. Et pourtant, les biens matériels que nous avons quittés « une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre » sont multipliés en se donnant au Christ. Ce qui augmente au centuple la valeur de ce monde, c’est que nous soyons assez libérés de nos attachements pour que toute chose retrouve sa perspective, de sorte que nous y reconnaissions Dieu, qui s’y donne à nous.

« Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien ? absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! C’est dans cette amitié seulement que s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seule se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seule nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ ? et vous trouverez la vraie vie » (Benoît XVI, 24 Avril 2005).

Carmen Fernandez, consacrée de Regnum Christi