Qu’est-ce que la Sainte Trinité?

En cette fête de la Sainte Trinité, il est bon de prendre un temps de réflexion pour ce demander : qu’est-ce que la Trinité?

On peut s’étonner que le mot « Trinité », qui est si familier pour les chrétiens, n’apparaît pas dans les Évangiles ni dans le reste des écrits bibliques. En effet, ce sont des penseurs chrétiens du IIe siècle qui ont développé ce terme pour exprimer la fois de l’Église au Dieu révélé en Jésus Christ. Ce mot fait référence, à la fois, au pluriel (tri) et à l’unité (unitas) ; ce qui réfère évidemment à un seul Dieu en trois personnes. En tant que chrétiens, nous croyons en un seul et unique Dieu qui le Père, le Fils et l’Esprit Saint depuis toujours.

De nous-mêmes, nous n’arrivons pas à connaître l’intimité de Dieu. Pour entrer en vérité dans le mystère de Dieu, il faut toujours partir de la révélation biblique qui nous le montre à l’œuvre dans l’histoire de notre salut et surtout en Jésus le Christ.

Pour bien faire comprendre sa mission à ses contemporains et pour leur dire qui Il est, Jésus leva le voile sur le mystère divin. Dieu est celui que son peuple adore, le Dieu d’Abraham, le Dieu qui l’a libéré de l’esclavage d’Égypte et qui lui a donné ses commandements, le Dieu qui a révélé son nom à Moïse lors de sa manifestation au Sinaï (voir Excode 33, 18-23 ; 34, 5-7), tissant ainsi une relation avec lui. Toute l’histoire du peuple élu est une longue et patiente révélation du Dieu unique. Jésus parla de Dieu comme on ne l’avait jamais fait en se montrant proche de Lui au point d’en être familier. Il annonça la venue prochaine de son règne avec une conviction et une autorité étonnantes. Il a fait découvrir à ses disciples qu’Il est l’Envoyé de Dieu et qu’Il partage tout avec Lui (voir Jean 16, 16). Il laisse clairement entendre qu’Il est plus qu’un prophète : Il est le Fils unique de Dieu depuis toujours. Lors de son dernier repas avec ses disciples, Jésus leur fit d’autres confidences sur son Père. Il leur annonça la venue prochaine de l’Esprit, « un autre Défenseur » (Jean 14, 16), qui les guidera vers la vérité tout entière, qui renouvellera la face de la terre et qui perpétuera sa présence parmi eux (voir Jean, chapitres 14 et 16).

Dieu nous aime à ce point qu’il se manifeste à nous dans la mesure de nos possibilités et pour se mettre à notre portée. Il ne propose pas une énigme que nous aurions à déchiffrer, un problème de mathématique sacrée à résoudre par l’équation « trois égale un », mais un mystère à accueillir. Saint Augustin, le grand théologien de la Trinité, a écrit : « Nous parlons de Dieu ; quoi d’étonnant si tu ne comprends pas ? Si tu comprends, ce n’est pas Dieu […] Atteindre un moment Dieu par l’esprit est une grande béatitude ; mais le comprendre c’est impossible. » (Sermons, 117, 5). En affirmant que le Dieu unique est Père, Fils et Esprit Saint, nous n’avons pas la prétention de comprendre Dieu. En effet, on peut dire qu’on a compris Dieu une fois que l’on comprend que l’on ne peut pas le comprendre avec nos capacités humaines, puisqu’Il est l’Infini. Ceci dit, grâce à Jésus, Dieu n’est pas un inconnu pour nous, même si sa réalité dépassera toujours nos conceptions et nos mots puisque le mystère Dieu nous dépasser infiniment.

Dieu nous a créé(e)s avec le désir de Le chercher sans cesse, Lui, l’Infini, de sorte que nous ne trouvons le repos qu’en Lui. Le cœur humain n’est pas facile à combler, nous en faisons l’expérience à chaque jour, mais Dieu l’a fait ainsi avec le projet de la combler Lui-même. Ce projet, Il le réalise et c’est toute une grâce de lumière que d’avoir accès au mystère intime de Dieu vivant.

Prière

Nous Te louons, Toi, le seul et unique Seigneur. Nous Te remercions de te faire connaître et aimer, Toi qui débordes de tendresse et de miséricorde, d’amour et de vérité.

Nous Te louons et remercions, Dieu notre Père. Tu aimes tous les humains, sans exception, jusqu’à leur donner ton Fils nique afin qu’ils vivent de ta vie pour toujours.

Nous Te louons et remercions, Jésus, le Fils éternel de Dieu le Père devenu notre frère. Par Toi, le monde n’est plus condamné, mais il est véritablement sauvé.

Nous Te louons et remercions, Esprit de vérité, Toi qui nous permets de toujours nous souvenir des paroles et des gestes de Jésus et de vivre en communion avec Lui et avec tous les humains.

Au cœur de nos engagements et nos soucis, aide-nous, Dieu le vivant, Père, Fils et Esprit, à collaborer à ton grand projet de demeurer en ce monde, chez tous celles et ceux qui aiment. Amen.

 

 

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Réflexions sur la Pentecôte

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La Pentecôte (Duccio di Buoninsegna, 1308-1311)

L’esprit du Seigneur remplit l’univers, et lui qui englobe toutes choses, sait se faire comprendre des hommes et des femmes de toutes langues, alléluia (Sg 1, 7)

Les disciples furent remplis de l’Esprit Saint, pour aller proclamer les merveilles de Dieu, alléluia (Ac 2, 4.11)

Qu’est-ce que la Pentecôte ? C’est le 50e jour après la Résurrection où Jésus glorifié répandit en abondance sont Esprit et se révéla, de façon manifeste, comme étant une des personnes divines de la Sainte Trinité. La mission du Christ et de l’Esprit devinrent la mission de l’Église qui est envoyée pour proclamer le Bonne Nouvelle.

Le jour de la Pentecôte (au terme des sept semaines pascales), la Pâque du Christ s’accomplit dans l’effusion de l’Esprit Saint qui est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine : de sa Plénitude, le Christ, Seigneur, répand à profusion l’Esprit (cf Ac 2, 33-36). (CCC 731)

En ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte. Depuis ce jour, le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux et celles qui croient en Lui : dans l’humilité de la chair et dans la foi, ils et elles participent déjà à la communion de la Trinité Sainte. Par sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit Saint fait entrer dans le monde dans les “derniers temps”, le temps de l’Église, le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé. (CCC 732)

La Pentecôte, c’est la fin du temps de Pâques et le début du temps ordinaire. Ceci dit, il ne faut pas oublier ce que commémore cette fête : la descente du Saint Esprit au Cénacle où étaient rassemblés des apôtres de toutes les nations. Ainsi, à chaque Pentecôte nous réactualisons cette descente de l’Esprit Saint dans le monde sur nous tous, puisque nous sommes toutes et tous appelé(e)s à être des apôtres du Christ dans le monde dans lequel on vit, peu importe notre état. En effet, la Pentecôte n’est pas seulement une commémoration de la descente du Saint Esprit au Cénacle, mais aussi la complétion de l’œuvre de rédemption, la plénitude de la grâce pour l’Église et ses enfants ainsi que le don de la Foi pour toutes les nations.

Le monde a besoin d’hommes et de femmes qui ne soient pas fermés sur eux-mêmes, mais remplis de l’Esprit Saint […] Le monde a besoin du courage, de l’espérance, de la foi et de la persévérance des disciples du Christ. Le monde a besoin des fruits de l’Esprit Saint : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Gal 5, 22). Le don de l’Esprit Saint a été accordé en abondance à l’Église et à chacun et chacune de nous, pour que nous puissions vivre avec une foi authentique et une charité active, pour que nous puissions répandre les semences de la réconciliation et de la paix. (le pape François, durant son homélie de la célébration eucharistique de la Pentecôte en 2015)

Tel que le rappelle le Saint Père, l’Esprit Saint est notre motivateur qui nous renforce dans notre mission comme disciples du Christ et qui nous rend capables de vivre cette mission avec courage et enthousiasme.

Ainsi la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais elle en est le sacrement : par tout son être et dans tous ses membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de la communion de la Sainte Trinité. (CCC 738)

Maintenant, c’est à nôtre tour, rempli(e)s des dons du Saint Esprit, d’être des témoins de cette mission. Cela ne signifie pas seulement de parler de Jésus, mais bien de rendre sa vie conforme à celle du Christ pour être des témoins vivants, de par nos actions, nos intentions et nos dispositions, du message du Christ et pour bâtir son Royaume et son Corps.

Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie Foi : nous adorons la Trinité indivisible car c’est elle qui nous a sauvés. (Liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte)

Alléluia ! Alléluia !

Prière du jour

Père, durant ce temps de Carême, donne-nous cette grâce d’être renouvelés dans l’écoute et l’accueil du Mystère de ton Fils qui continue à se donner à nous dans l’Écriture et l’Eucharistie. Puissions-nous être pénétrés de sa présence pour qu’il vive en nous et porte autour de nous un fruit de vie. Seigneur, Père, merci pour cette Manne de vie éternelle que tu nous donnes. Seigneur Jésus, tu nous enseignes que “l’homme doit vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu” (Mt 4, 4). Que ton Esprit nous aide à ne laisser perdre aucune miette de cette nourriture d’immortalité !

Psaumes du jour

Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 18-19
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Évangile selon saint Luc, chapitre 9, 22-25

Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ? »

Méditations

C’est un passage qu’on n’aime pas écouter très souvent ou qu’on lit rapidement : pourtant il est d’une grande richesse. On voit comment Jésus cherche à préparer ses apôtres. Il vient de rassasier une foule entière en multipliant cinq pains et deux poissons. Il montre sa toute-puissance par les nombreux miracles qu’il fait. Les foules sont attirées par lui et ses apôtres sont subjugués. Pierre vient de proclamer que Jésus est le « Christ de Dieu » (Lc 9, 20) quelques versets plus hauts. C’est une proclamation de foi, mais encore une déclaration de foi très humaine. Comment ne pas croire en celui qui fait tant de prodiges ! C’est la déclaration de foi de l’Église naissante. Toutes deux sont en germe. Comme il est dur à l’homme de continuer à croire en la divinité du Christ, quand celui-ci s’abaisse autant ! Quelle contradiction pour les apôtres : tant de miracles, tant de pouvoir, tant de succès, pour finir par un tel échec et une telle impuissance ! Jésus veut les prévenir, leur montrer sa souveraineté, même dans la Passion. Il est Roi et Fils de Dieu dans l’éclat de sa transfiguration comme dans sa Passion, mais cela, seule une foi profonde peut le proclamer. Jésus accueille la première déclaration de foi de son Église et lui présente la plénitude de cette déclaration, lors de sa Passion et de sa Résurrection.

Jésus poursuit en unissant tout chrétien à sa vie. C’est lui qui a choisi de régner, de sauver et de manifester son amour de cette façon et il nous invite à faire de même. Cette façon de faire est un mystère, qu’on n’aura jamais fini de comprendre mais que, pourtant, on expérimente dans notre vie. Suivre le Christ demande des renoncements, demande d’aller à contre-courant, demande d’accepter sa propre condition humaine dans toutes ses limites, comme lui l’a acceptée. C’est important qu’en tant que chrétiens nous soyons conscients que notre amour, à l’image de notre foi, passera par la souffrance et le doute pour arriver à sa plénitude. On peut se demander : de quelle façon ma foi influence-t-elle les décisions que je prends dans ma vie ? Le livre du Deutéronome, dans la lecture du jour, dit : « Je te propose aujourd’hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur (…) choisis donc la vie, pour que vous viviez toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu ».
Il y a un choix à faire et Jésus nous prévient que ce choix n’est pas facile, mais qu’il en vaut la peine : après sa Passion il y a sa résurrection, au-delà de notre croix, il y a la vie éternelle. Comment faire ce bon choix et comment avoir la force de vivre ainsi ? Le livre du Deutéronome nous parle d’amour envers Dieu : « Aime le Seigneur ton Dieu ». Seul le dynamisme de l’amour nous pousse à renoncer à nous-mêmes pour celui qu’on aime. Demandons à l’Esprit Saint qu’il nous envahisse de cet amour.

Jeanne Mendras, consacrée de Regnum Christi

Prière du jour

« Sois béni éternellement, Père très saint, pour le don de ton Fils Jésus-Christ. Il est ta Parole vivante par qui tu as créé les univers et par qui tu nous recrées d’une manière plus admirable encore. Envoie sur nous ton Esprit que nous puissions discerner sa présence dans le Pain et le Vin consacrés, et nous approcher de lui pour le “toucher” avec la même confiance et simplicité de cœur, que ces hommes et ces femmes qu’il guérissait sur les routes de Galilée. »

Évangile d’aujourd’hui et prière

Évangile selon saint Marc, chapitre 7, 1-13

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. – Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s’être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l’Écriture : Ce peuple m’honore des lèvres,mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Et vous, vous dites : ‘Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont corbane, c’est-à-dire offrande sacrée.’ Vous l’autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Prière

« Seigneur ouvre mes yeux sur ma duplicité, sur mes compromissions avec l’esprit d’hypocrisie et d’orgueil. Ne permets pas que je tombe dans le piège d’une religiosité sans âme, qui se réduirait à l’observance d’un ensemble de prescriptions par lesquelles je prétendrais me justifier devant toi. Ne permets pas que de l’une ou l’autre manière j’“annule ta Parole” pour obéir à des préceptes humains qui flattent mon orgueil. Donne-moi de revenir vers toi de tout mon cœur et de t’honorer par toute ma vie et pas seulement de mes lèvres. Envoie sur moi ton Esprit Saint : qu’il arrache mes masques d’hypocrisie et me renouvelle dans la foi, l’espérance et la charité, pour que je puisse “pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec toi ” (Mi 6, 8) sur le chemin de la vie ».