L’espérance du chrétien

Où que nous nous trouvions, le Seigneur nous exhorte : veille ! Face à cet appel de Dieu, nous devons alimenter notre conscience en désirs de sainteté : des désirs enracinés dans l’espérance et suivis d’œuvres. Donne-moi, mon fils, ton cœur, nous inspire-t-il à l’oreille. Cesse de construire des châteaux en Espagne, décide-toi à ouvrir ton âme à Dieu, car ce n’est que dans le Seigneur que tu peux trouver un fondement réel pour ton espérance et pour pratiquer le bien à l’égard du prochain. Si nous ne luttons pas contre nous-même, si nous ne rejetons pas résolument les ennemis qui campent dans notre citadelle intérieure (qu’ils s’appellent orgueil, envie, concupiscence de la chair et des yeux, autosuffisance ou folle avidité de libertinage), s’il n’y a pas enfin de lutte intérieure, alors les idéaux les plus nobles se fanent comme fleur des champs. Le soleil brûlant s’est levé : il a desséché l’herbe et sa fleur tombe, sa belle apparence est détruite. Ensuite, dans les moindres fissures, le découragement et la tristesse pousseront, comme une plante nuisible et envahissante.

Jésus ne se satisfait pas d’une adhésion hésitante. Il prétend, il en a le droit, que nous marchions d’un pas ferme, sans concessions devant les difficultés. Il exige des pas décidés, concrets : d’ordinaire, les résolutions à caractère général servent à peu de chose. Ces résolutions aux contours vagues me semblent de fallacieux espoirs qui visent à étouffer les appels divins que le cœur perçoit : des feux follets, qui ne brûlent ni ne réchauffent et qui disparaissent aussi fugacement qu’ils ont surgi.

C’est pourquoi je serai convaincu de la sincérité de ton intention d’atteindre le but, si je te vois marcher avec détermination. Fais le bien, en révisant ton attitude habituelle devant les occupations de chaque instant. Pratique la justice, précisément dans les milieux que tu fréquentes, même si tu en es rompu de fatigue. Rends heureux ceux qui t’entourent, en les aidant sans réserve dans le travail, en t’efforçant d’achever le tien avec la plus grande perfection humaine possible, par ta compréhension, ton sourire, ton attitude chrétienne. Et le tout pour Dieu, en pensant à sa gloire, le regard tourné vers le Ciel, dans un désir ardent de la Patrie définitive, le seul but qui en vaille la peine.
– St Josemaria Escriva, Amis de Dieu, #211

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Dieu est avec nous dans la détresse

Et lorsque la tentation du découragement, de la résistance, de la lutte, de la tribulation, d’une nouvelle nuit de l’âme nous assaille avec violence, le psalmiste met sur nos lèvres et dans notre intelligence ces mots : Je suis avec lui dans la détresse. Ô Jésus, comparée à ta Croix, que vaut la mienne ? Comparées à tes blessures, que sont mes égratignures ? Comparée à ton Amour immense, infini et pur, qu’est-ce que cette pauvre petite peine dont tu as chargé mes épaules ? Et votre cœur, comme le mien, se remplissent d’une sainte avidité, quand nous lui avouons, par nos actes, que nous mourons d’Amour.

Alors naît une soif de Dieu, un désir de comprendre ses larmes, de voir son sourire, son visage… J’estime que la meilleure façon de l’exprimer consiste à répéter de nouveau, avec l’Écriture : Comme languit un cerf après l’eau vive, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. Et l’âme avance, plongée en Dieu, divinisée : le chrétien est devenu un voyageur assoiffé, qui ouvre la bouche pour s’abreuver aux eaux de la fontaine.

Dans cet abandon, le zèle apostolique s’enflamme, augmente chaque jour, communiquant son inquiétude aux autres, parce que le bien tend à se propager. Notre pauvre nature, si proche de Dieu, ne peut s’empêcher de brûler du désir de semer dans le monde entier la joie et la paix, de tout baigner dans les eaux rédemptrices qui jaillissent du Côté ouvert du Christ, d’entreprendre et d’achever toutes les tâches par Amour.

Je vous parlais auparavant de douleurs, de souffrances, de larmes. Et je ne me contredis pas en affirmant que, pour un disciple qui cherche amoureusement le Maître, le goût des tristesses, des peines, des afflictions, est bien différent : elles disparaissent quand on accepte vraiment la volonté de Dieu et que l’on accomplit avec plaisir ses desseins, comme des enfants fidèles, même si l’on a l’impression que les nerfs vont craquer et que le supplice est insupportable.

– St Josemaria Escriva, Amis de Dieu, #310-311

Commandements et liberté

« Il se prend pour Dieu le Père, celui-là ! » En général, quelqu’un qui se comporte comme s’il était Dieu n’est pas très agréable à fréquenter : il abuse de son autorité et donne des ordres à tout le monde. Il est vrai que Dieu aussi nous a donné des commandements – comme les fameux « Dix commandements ».
Est-ce en cela que nous devrions lui ressembler ?
Il est utile de remarquer que, dans cette page célèbre, Dieu commence par se présenter : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » Avant d’être le Dieu qui commande, il est le Dieu qui libère.
Il ne lance pas ses commandements à la cantonade, à n’importe qui : il s’adresse au peuple qu’il vient de faire sortir de l’esclavage. Cela donne le sens de ces commandements : nous maintenir dans cette liberté et nous éviter une servitude bien plus impitoyable que l’esclavage de Pharaon – celle du péché. Tous les pécheurs voient de quoi je parle : trop souvent, l’habitude, la colère, mon envie du moment, me font agir autrement que je le voudrais. Personne ne me contraint, et pourtant je ne fais pas ce que je veux profondément. Il n’est pas si facile d’être libre.
Dieu refuse aussi bien de s’en laver les mains, sous prétexte de respecter notre liberté, que de vouloir à notre place. Il choisit de nous aider à être nous-mêmes, à le vouloir vraiment. Retrouver la ressemblance avec le Dieu du Sinaï, c’est, dans mon couple, ma famille, mes amitiés, ma communauté, dans la société, me faire le gardien de la liberté de l’autre, du mystère de l’autre, du mystère qu’est l’autre.

– Frère Adrien Candiard

J’ai confiance en toi. Je sais que tu es mon Père.

Pour de tout autres raisons, qu’il ne sied pas de rappeler mais que Jésus, qui nous préside depuis le tabernacle, connaît bien, mon existence m’a conduit à me sentir tout spécialement fils de Dieu ; j’ai pu goûter la joie de me blottir contre le cœur de mon Père, pour rectifier, pour me purifier, pour le servir, pour comprendre et excuser tout le monde, à partir de son amour et de mon humiliation.

Aussi voudrais-je insister maintenant sur la nécessité pour vous et pour moi de nous ressaisir, de sortir de cet engourdissement provoqué par notre faiblesse, et qui nous assoupit si facilement. Nous recommencerons alors à percevoir, de façon plus profonde et plus immédiate, la réalité de notre condition d’enfants de Dieu.

L’exemple de Jésus, le passage du Christ sur cette terre d’Orient, nous aident à nous pénétrer de cette vérité. Si nous recevons le témoignage des hommes, lisons-nous dans l’épître de Jean, le témoignage de Dieu est plus grand. Le témoignage de Dieu, en quoi consiste-t-il donc ? Saint Jean nous dit encore : Voyez quel grand amour a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, car nous le sommes… Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu.

Au fil des années, j’ai tâché de m’appuyer sans défaillir sur cette réalité si encourageante. Ma prière, en toute circonstance, a toujours été la même, à quelques nuances près. Je lui ai dit : Seigneur, c’est toi qui m’as placé ici ; toi qui m’as confié ceci ou cela, et moi, j’ai confiance en toi. Je sais que tu es mon Père, et j’ai toujours observé que les tout-petits ont une confiance totale en leurs parents. Mon expérience sacerdotale m’a confirmé que cet abandon dans les mains de Dieu porte les âmes à acquérir une piété forte, profonde et sereine, qui les pousse à travailler constamment avec droiture d’intention.

– St Josemaria Escriva

 

Dieu dit: «Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.» (Genèse, chapitre 1, verset 26)

Dieu a créé l’homme à son image, c’est la Bible qui le dit. En un peu moins beau tout de même, ai-je souvent envie d’ajouter en écoutant les informations. À travers ses guerres, sa violence, son égoïsme, l’homme ne donne pas toujours à voir en lui la face resplendissante de Dieu.
En nettement moins beau, décidément, me dis-je en secouant la tête devant mon miroir. Car si je me sens loin, Dieu merci, des criminels ou des bourreaux qui peuplent les journaux, je ne suis pas bien sûr de refléter beaucoup mieux son visage.
Il y a mon péché, qui m’humilie à force de répétition ; il y a mes petites mesquineries, mon horizon trop étroit, que je ne sais pas élargir ; il y a ma résignation, surtout, à n’être pas un saint, mon manque d’envie, parfois mon découragement. Rien de bien dramatique, sans doute. Mais je suppose que Dieu est autrement plus présentable. « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance », avait-il dit ; pourtant, si je sens bien qu’il y a en moi quelque chose de plus grand que moi, quelque chose de divin, je constate également que bien souvent, je ne suis pas à la hauteur.
Cette dissonance en moi, des théologiens anciens l’ont expliquée ainsi : dans notre chute, nous avons conservé en nous l’image de Dieu, mais nous avons perdu la ressemblance. Nous laisser relever, cela consiste justement à retrouver cette ressemblance. Car en la perdant, je me suis perdu moi-même. « Cela ne me ressemble pas », c’est ce que je dis quand j’ai fait quelque chose dont j’ai honte.
Et parfois, j’ai l’impression de ne plus tellement me ressembler.
C’est pour cela que le Christ, en ce début de carême, nous invite à le suivre au désert. Pas pour fuir les hommes, encore moins pour me fuir moi-même, mais pour retrouver les chemins de l’intimité avec Dieu, le temps passé à écouter sa parole ou simplement à être avec lui dans tout ce qui occupe mon quotidien.
Car c’est cette intimité qui me rendra cette ressemblance, comme deux vieux amis qui n’ont pas du tout les mêmes traits, mais qui finissent par partager, après des années de familiarité, le même inimitable sourire.

– Frère Adrien Candiard

 

Qu’est-ce que la Sainte Trinité?

En cette fête de la Sainte Trinité, il est bon de prendre un temps de réflexion pour ce demander : qu’est-ce que la Trinité?

On peut s’étonner que le mot « Trinité », qui est si familier pour les chrétiens, n’apparaît pas dans les Évangiles ni dans le reste des écrits bibliques. En effet, ce sont des penseurs chrétiens du IIe siècle qui ont développé ce terme pour exprimer la fois de l’Église au Dieu révélé en Jésus Christ. Ce mot fait référence, à la fois, au pluriel (tri) et à l’unité (unitas) ; ce qui réfère évidemment à un seul Dieu en trois personnes. En tant que chrétiens, nous croyons en un seul et unique Dieu qui le Père, le Fils et l’Esprit Saint depuis toujours.

De nous-mêmes, nous n’arrivons pas à connaître l’intimité de Dieu. Pour entrer en vérité dans le mystère de Dieu, il faut toujours partir de la révélation biblique qui nous le montre à l’œuvre dans l’histoire de notre salut et surtout en Jésus le Christ.

Pour bien faire comprendre sa mission à ses contemporains et pour leur dire qui Il est, Jésus leva le voile sur le mystère divin. Dieu est celui que son peuple adore, le Dieu d’Abraham, le Dieu qui l’a libéré de l’esclavage d’Égypte et qui lui a donné ses commandements, le Dieu qui a révélé son nom à Moïse lors de sa manifestation au Sinaï (voir Excode 33, 18-23 ; 34, 5-7), tissant ainsi une relation avec lui. Toute l’histoire du peuple élu est une longue et patiente révélation du Dieu unique. Jésus parla de Dieu comme on ne l’avait jamais fait en se montrant proche de Lui au point d’en être familier. Il annonça la venue prochaine de son règne avec une conviction et une autorité étonnantes. Il a fait découvrir à ses disciples qu’Il est l’Envoyé de Dieu et qu’Il partage tout avec Lui (voir Jean 16, 16). Il laisse clairement entendre qu’Il est plus qu’un prophète : Il est le Fils unique de Dieu depuis toujours. Lors de son dernier repas avec ses disciples, Jésus leur fit d’autres confidences sur son Père. Il leur annonça la venue prochaine de l’Esprit, « un autre Défenseur » (Jean 14, 16), qui les guidera vers la vérité tout entière, qui renouvellera la face de la terre et qui perpétuera sa présence parmi eux (voir Jean, chapitres 14 et 16).

Dieu nous aime à ce point qu’il se manifeste à nous dans la mesure de nos possibilités et pour se mettre à notre portée. Il ne propose pas une énigme que nous aurions à déchiffrer, un problème de mathématique sacrée à résoudre par l’équation « trois égale un », mais un mystère à accueillir. Saint Augustin, le grand théologien de la Trinité, a écrit : « Nous parlons de Dieu ; quoi d’étonnant si tu ne comprends pas ? Si tu comprends, ce n’est pas Dieu […] Atteindre un moment Dieu par l’esprit est une grande béatitude ; mais le comprendre c’est impossible. » (Sermons, 117, 5). En affirmant que le Dieu unique est Père, Fils et Esprit Saint, nous n’avons pas la prétention de comprendre Dieu. En effet, on peut dire qu’on a compris Dieu une fois que l’on comprend que l’on ne peut pas le comprendre avec nos capacités humaines, puisqu’Il est l’Infini. Ceci dit, grâce à Jésus, Dieu n’est pas un inconnu pour nous, même si sa réalité dépassera toujours nos conceptions et nos mots puisque le mystère Dieu nous dépasser infiniment.

Dieu nous a créé(e)s avec le désir de Le chercher sans cesse, Lui, l’Infini, de sorte que nous ne trouvons le repos qu’en Lui. Le cœur humain n’est pas facile à combler, nous en faisons l’expérience à chaque jour, mais Dieu l’a fait ainsi avec le projet de la combler Lui-même. Ce projet, Il le réalise et c’est toute une grâce de lumière que d’avoir accès au mystère intime de Dieu vivant.

Prière

Nous Te louons, Toi, le seul et unique Seigneur. Nous Te remercions de te faire connaître et aimer, Toi qui débordes de tendresse et de miséricorde, d’amour et de vérité.

Nous Te louons et remercions, Dieu notre Père. Tu aimes tous les humains, sans exception, jusqu’à leur donner ton Fils nique afin qu’ils vivent de ta vie pour toujours.

Nous Te louons et remercions, Jésus, le Fils éternel de Dieu le Père devenu notre frère. Par Toi, le monde n’est plus condamné, mais il est véritablement sauvé.

Nous Te louons et remercions, Esprit de vérité, Toi qui nous permets de toujours nous souvenir des paroles et des gestes de Jésus et de vivre en communion avec Lui et avec tous les humains.

Au cœur de nos engagements et nos soucis, aide-nous, Dieu le vivant, Père, Fils et Esprit, à collaborer à ton grand projet de demeurer en ce monde, chez tous celles et ceux qui aiment. Amen.