Commandements et liberté

« Il se prend pour Dieu le Père, celui-là ! » En général, quelqu’un qui se comporte comme s’il était Dieu n’est pas très agréable à fréquenter : il abuse de son autorité et donne des ordres à tout le monde. Il est vrai que Dieu aussi nous a donné des commandements – comme les fameux « Dix commandements ».
Est-ce en cela que nous devrions lui ressembler ?
Il est utile de remarquer que, dans cette page célèbre, Dieu commence par se présenter : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » Avant d’être le Dieu qui commande, il est le Dieu qui libère.
Il ne lance pas ses commandements à la cantonade, à n’importe qui : il s’adresse au peuple qu’il vient de faire sortir de l’esclavage. Cela donne le sens de ces commandements : nous maintenir dans cette liberté et nous éviter une servitude bien plus impitoyable que l’esclavage de Pharaon – celle du péché. Tous les pécheurs voient de quoi je parle : trop souvent, l’habitude, la colère, mon envie du moment, me font agir autrement que je le voudrais. Personne ne me contraint, et pourtant je ne fais pas ce que je veux profondément. Il n’est pas si facile d’être libre.
Dieu refuse aussi bien de s’en laver les mains, sous prétexte de respecter notre liberté, que de vouloir à notre place. Il choisit de nous aider à être nous-mêmes, à le vouloir vraiment. Retrouver la ressemblance avec le Dieu du Sinaï, c’est, dans mon couple, ma famille, mes amitiés, ma communauté, dans la société, me faire le gardien de la liberté de l’autre, du mystère de l’autre, du mystère qu’est l’autre.

– Frère Adrien Candiard

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Prayer

O Lord Jesus Christ, I give myself entirely to You forever. I desire to adhere to Your holy doctrine by faith, to Your sacred promises by hope, to Your divine commandments and counsels by love and charity. I desire to follow You by the practice of all the virtues. I desire to follow You as my Head, as a living member of Your Body. – St John Eudes

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu

Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! Moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. (Mt 5, 20-26)

Méditations

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens ». Qu’est-ce que c’est que la justice des scribes et des pharisiens ? Les scribes et pharisiens étaient considérés comme le meilleur de l’accomplissement de la loi juive, ils se présentaient comme les modèles à suivre. Or le sommet de cette loi, c’était « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev 19, 18), car Dieu ne pouvait demander de son peuple que ce qu’il lui était possible de comprendre, et chacun pouvait comprendre ce que c’est que de s’aimer soi-même. Jésus vient et nous révèle Dieu, car il est Dieu lui-même. Sur la croix il nous montrera l’étendue de l’amour de Dieu. Ainsi, il peut nous commander de nous aimer les uns les autres, comme il nous a aimés (Jn 13, 34).

« Eh bien ! Moi, je vous dis ». Jésus amène à sa plénitude le cinquième commandement. Il n’est plus simplement question du « Tu ne tueras pas », mais Jésus condamne aussi les emportements contre le prochain. Ce n’est pas « encore plus de règles », mais plutôt c’est un cinquième commandement vécu pleinement et dans les détails. Car à quoi bon se contrôler pour ne pas tuer son prochain, mais l’insulter à chaque fois qu’on le croise ? Vu d’un angle plus positif, Jésus nous invite à ne pas simplement tolérer notre prochain, mais à l’aider humblement jusque dans les détails.

« Si quelqu’un insulte son frère ». Jésus lui-même nous donne l’exemple de cet amour pour le prochain et nous illustre ce commandement. C’est sur la croix qu’il déploiera splendidement l’amour divin qui déborde de son cœur. Combien de fois a-t-il été lui-même insulté, maudit, frappé, outragé, pendant sa Passion et jusqu’à aujourd’hui ? Et pourtant, il a porté la croix de nos péchés jusqu’à la dernière goutte de son sang, il a continué à se donner sans limites pour cette œuvre de rédemption, qui n’avait de raison d’être que le salut de ceux qui le mettaient à mort, et celui de nous qui péchons.

Frère Loïc Chabut, LC