Préoccupation pour l’apostolat

Si, par ta prière, ton esprit de sacrifice et tes actes, tu ne fais pas preuve d’une préoccupation constante pour l’apostolat, voilà une preuve évidente que tu n’es pas assez heureux, et donc que ta fidélité doit s’accroître. En effet, il s’efforce de le donner aux autres, celui qui jouit du bonheur ou du bien. Lorsque tu fouleras pour de bon aux pieds ton propre moi et que tu vivra pour les autres, c’est alors que tu sera l’instrument qu’il faut entre le mains de Dieu. Il a appelé – Il appelle – ses disciples, et Il leur commande : “ut eatis!” (“allez en chercher d’autres !”) – St Josémaria, Forge, 914

 

Évangile d’aujourd’hui et prière

Évangile selon saint Marc, chapitre 7, 1-13

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. – Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s’être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l’Écriture : Ce peuple m’honore des lèvres,mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Et vous, vous dites : ‘Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont corbane, c’est-à-dire offrande sacrée.’ Vous l’autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Prière

« Seigneur ouvre mes yeux sur ma duplicité, sur mes compromissions avec l’esprit d’hypocrisie et d’orgueil. Ne permets pas que je tombe dans le piège d’une religiosité sans âme, qui se réduirait à l’observance d’un ensemble de prescriptions par lesquelles je prétendrais me justifier devant toi. Ne permets pas que de l’une ou l’autre manière j’“annule ta Parole” pour obéir à des préceptes humains qui flattent mon orgueil. Donne-moi de revenir vers toi de tout mon cœur et de t’honorer par toute ma vie et pas seulement de mes lèvres. Envoie sur moi ton Esprit Saint : qu’il arrache mes masques d’hypocrisie et me renouvelle dans la foi, l’espérance et la charité, pour que je puisse “pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec toi ” (Mi 6, 8) sur le chemin de la vie ».

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

Un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. (Mc 12, 28-34)

Méditations

Un scribe vient poser une question, qui, pour une fois, semble-t-il, ne contient pas de piège. Et de fait, cette question sur le premier commandement est une question centrale. Peut-être la question la plus importante. Poser cette question, c’est demander : Seigneur, que dois-je faire ? Qu’est-ce qui est le plus important dans la vie, la chose à laquelle je ne peux pas ne pas porter attention ? C’est une question que nous nous posons tous. Que dois-je faire ? C’est aussi au bout du compte se demander : qu’est-ce qui donne un sens à ma vie ?

Sainte Thérèse de Lisieux, dans une de ses poésies, écrit : « La charité, voilà ma seule étoile. À sa clarté je vogue sans détour. J’ai ma devise écrite sur ma voile : Vivre d’Amour ». L’amour, voilà ce qui donne du sens à notre vie. L’amour, c’est la réponse si simple et si profonde à la question « que dois-je faire ? » Dieu ne nous donne pas une liste de choses à faire, il nous donne une consigne qui doit imprégner tout ce que nous accomplissons : aimer. Rien ne paraît plus simple, mais rien n’est plus exigeant. Car cela implique que nous changions notre cœur, c’est de là que vient le véritable amour. Et cela ne nous laisse pas de repos : c’est tout notre être, tous nos actes, toutes nos pensées qui doivent se faire guider par l’amour.

Si l’amour envers les autres est quelque chose que notre société accepte et même valorise, n’oublions pas que le premier que nous devons aimer, c’est Dieu. Et cela le monde a beaucoup plus de mal à l’accepter. Et pourtant, comme le montrent les systèmes politiques qui ont essayé de construire une société sans Dieu, le véritable amour pour les hommes ne peut venir que d’un véritable amour pour Dieu. L’homme reçoit toute sa valeur et sa dignité justement du fait qu’il est aimé de Dieu. Faisons donc nôtre cette devise si chère à Louis Martin, le père de sainte Thérèse : Si l’amour envers les autres est quelque chose que notre société accepte et même valorise, n’oublions pas que le premier que nous devons aimer, c’est Dieu. Et cela le monde a beaucoup plus de mal à l’accepter. Et pourtant, comme le montrent les systèmes politiques qui ont essayé de construire une société sans Dieu, le véritable amour pour les hommes ne peut venir que d’un véritable amour pour Dieu. L’homme reçoit toute sa valeur et sa dignité justement du fait qu’il est aimé de Dieu. Faisons donc nôtre cette devise si chère à Louis Martin, le père de sainte Thérèse : « Dieu premier servi ».

Frère Jean Marie Fornerod, LC