Dieu dit: «Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.» (Genèse, chapitre 1, verset 26)

Dieu a créé l’homme à son image, c’est la Bible qui le dit. En un peu moins beau tout de même, ai-je souvent envie d’ajouter en écoutant les informations. À travers ses guerres, sa violence, son égoïsme, l’homme ne donne pas toujours à voir en lui la face resplendissante de Dieu.
En nettement moins beau, décidément, me dis-je en secouant la tête devant mon miroir. Car si je me sens loin, Dieu merci, des criminels ou des bourreaux qui peuplent les journaux, je ne suis pas bien sûr de refléter beaucoup mieux son visage.
Il y a mon péché, qui m’humilie à force de répétition ; il y a mes petites mesquineries, mon horizon trop étroit, que je ne sais pas élargir ; il y a ma résignation, surtout, à n’être pas un saint, mon manque d’envie, parfois mon découragement. Rien de bien dramatique, sans doute. Mais je suppose que Dieu est autrement plus présentable. « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance », avait-il dit ; pourtant, si je sens bien qu’il y a en moi quelque chose de plus grand que moi, quelque chose de divin, je constate également que bien souvent, je ne suis pas à la hauteur.
Cette dissonance en moi, des théologiens anciens l’ont expliquée ainsi : dans notre chute, nous avons conservé en nous l’image de Dieu, mais nous avons perdu la ressemblance. Nous laisser relever, cela consiste justement à retrouver cette ressemblance. Car en la perdant, je me suis perdu moi-même. « Cela ne me ressemble pas », c’est ce que je dis quand j’ai fait quelque chose dont j’ai honte.
Et parfois, j’ai l’impression de ne plus tellement me ressembler.
C’est pour cela que le Christ, en ce début de carême, nous invite à le suivre au désert. Pas pour fuir les hommes, encore moins pour me fuir moi-même, mais pour retrouver les chemins de l’intimité avec Dieu, le temps passé à écouter sa parole ou simplement à être avec lui dans tout ce qui occupe mon quotidien.
Car c’est cette intimité qui me rendra cette ressemblance, comme deux vieux amis qui n’ont pas du tout les mêmes traits, mais qui finissent par partager, après des années de familiarité, le même inimitable sourire.

– Frère Adrien Candiard

 

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Message du Saint Père pour le carême 2016

En cette Année sainte, le Pape François souhaite que ce temps de pénitence soit vécu de manière « plus intense » pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu, notamment à travers les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde. Le Saint-Père invite à ne « pas laisser passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion ».

http://opusdei.fr/fr-fr/article/message-du-pape-francois-pour-le-careme-en-2016/

 

Prière du jour

Seigneur, que ce carême nous fasse redécouvrir la beauté et la radicalité du don de l’eucharistie. Que nous sachions, par ta grâce, nous approprier pleinement les grâces de conversion qu’elle prodigue, les grâces de guérison dont elle nous console. Ainsi nous saurons dignement rendre grâce à celui qui a « donné sa vie en rançon pour la multitude ».

Prière du jour

Père, durant ce temps de Carême, donne-nous cette grâce d’être renouvelés dans l’écoute et l’accueil du Mystère de ton Fils qui continue à se donner à nous dans l’Écriture et l’Eucharistie. Puissions-nous être pénétrés de sa présence pour qu’il vive en nous et porte autour de nous un fruit de vie. Seigneur, Père, merci pour cette Manne de vie éternelle que tu nous donnes. Seigneur Jésus, tu nous enseignes que “l’homme doit vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu” (Mt 4, 4). Que ton Esprit nous aide à ne laisser perdre aucune miette de cette nourriture d’immortalité !

Samedi saint

1. Ce samedi est un jour pour revenir sur ce qui s’est passé depuis le soir du Jeudi Saint. La Passion et la mort de Jésus sur la croix sont des événements d’une telle profondeur, que l’on ne peut assimiler rapidement leur signification. Nous avons besoin de temps pour contempler ce qui s’est passé. Les disciples de Jésus furent profondément désorientés par son arrestation et sa mort. D’une certaine manière, devant ces événements qui nous ont été fidèlement rapportés, nous devons ressentir aussi un certain bouleversement. D’autant plus que nous avons à notre disposition la réflexion de l’Église depuis deux mille ans, qui nous aide à mieux comprendre le véritable sens du Vendredi Saint. Au message de paix et de miséricorde de Jésus, notre réponse est souvent la haine et le mépris.

2. Mais le Samedi Saint est aussi un jour de préparation pour la Résurrection. Jésus est venu pour vaincre la mort et nous sauver du péché. Et cette victoire, il va justement la faire resplendir en pardonnant le péché le plus terrible que l’homme pouvait faire. Dans son amour, c’est de ce même péché qu’il va faire jaillir les grâces de salut pour le monde. Du cœur de Jésus transpercé sur la croix se répandent partout et à toutes les époques les flots de sa miséricorde.

3. En somme, en ce Samedi Saint, c’est tout l’itinéraire du Carême qui se condense comme dans une seule journée : repentir de nos péchés, conversion, espérance de la Résurrection et de la victoire de Jésus. Cette nuit, le Christ nous montrera le fruit de l’amour de celui qui se donne jusqu’au bout, le fruit du pardon, le fruit d’un cœur qui déborde de miséricorde : la vie qui prend une victoire définitive contre la mort. C’est de cette victoire que Jésus nous invite maintenant à participer.

–  Frère Jean Marie Fornerod, LC