Réflexions sur la Pentecôte

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La Pentecôte (Duccio di Buoninsegna, 1308-1311)

L’esprit du Seigneur remplit l’univers, et lui qui englobe toutes choses, sait se faire comprendre des hommes et des femmes de toutes langues, alléluia (Sg 1, 7)

Les disciples furent remplis de l’Esprit Saint, pour aller proclamer les merveilles de Dieu, alléluia (Ac 2, 4.11)

Qu’est-ce que la Pentecôte ? C’est le 50e jour après la Résurrection où Jésus glorifié répandit en abondance sont Esprit et se révéla, de façon manifeste, comme étant une des personnes divines de la Sainte Trinité. La mission du Christ et de l’Esprit devinrent la mission de l’Église qui est envoyée pour proclamer le Bonne Nouvelle.

Le jour de la Pentecôte (au terme des sept semaines pascales), la Pâque du Christ s’accomplit dans l’effusion de l’Esprit Saint qui est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine : de sa Plénitude, le Christ, Seigneur, répand à profusion l’Esprit (cf Ac 2, 33-36). (CCC 731)

En ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte. Depuis ce jour, le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux et celles qui croient en Lui : dans l’humilité de la chair et dans la foi, ils et elles participent déjà à la communion de la Trinité Sainte. Par sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit Saint fait entrer dans le monde dans les “derniers temps”, le temps de l’Église, le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé. (CCC 732)

La Pentecôte, c’est la fin du temps de Pâques et le début du temps ordinaire. Ceci dit, il ne faut pas oublier ce que commémore cette fête : la descente du Saint Esprit au Cénacle où étaient rassemblés des apôtres de toutes les nations. Ainsi, à chaque Pentecôte nous réactualisons cette descente de l’Esprit Saint dans le monde sur nous tous, puisque nous sommes toutes et tous appelé(e)s à être des apôtres du Christ dans le monde dans lequel on vit, peu importe notre état. En effet, la Pentecôte n’est pas seulement une commémoration de la descente du Saint Esprit au Cénacle, mais aussi la complétion de l’œuvre de rédemption, la plénitude de la grâce pour l’Église et ses enfants ainsi que le don de la Foi pour toutes les nations.

Le monde a besoin d’hommes et de femmes qui ne soient pas fermés sur eux-mêmes, mais remplis de l’Esprit Saint […] Le monde a besoin du courage, de l’espérance, de la foi et de la persévérance des disciples du Christ. Le monde a besoin des fruits de l’Esprit Saint : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Gal 5, 22). Le don de l’Esprit Saint a été accordé en abondance à l’Église et à chacun et chacune de nous, pour que nous puissions vivre avec une foi authentique et une charité active, pour que nous puissions répandre les semences de la réconciliation et de la paix. (le pape François, durant son homélie de la célébration eucharistique de la Pentecôte en 2015)

Tel que le rappelle le Saint Père, l’Esprit Saint est notre motivateur qui nous renforce dans notre mission comme disciples du Christ et qui nous rend capables de vivre cette mission avec courage et enthousiasme.

Ainsi la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais elle en est le sacrement : par tout son être et dans tous ses membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de la communion de la Sainte Trinité. (CCC 738)

Maintenant, c’est à nôtre tour, rempli(e)s des dons du Saint Esprit, d’être des témoins de cette mission. Cela ne signifie pas seulement de parler de Jésus, mais bien de rendre sa vie conforme à celle du Christ pour être des témoins vivants, de par nos actions, nos intentions et nos dispositions, du message du Christ et pour bâtir son Royaume et son Corps.

Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie Foi : nous adorons la Trinité indivisible car c’est elle qui nous a sauvés. (Liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte)

Alléluia ! Alléluia !

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Évangile selon Saint Luc, chapitre 10, 1-12

Après cela, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.

Méditations

Jésus va se faire aider de ses disciples pour annoncer le Royaume, et il les envoie donc dans différents endroits pour porter sa parole. Et il leur donne plusieurs conseils qui, au-delà de simples conseils pratiques, nous montrent le chemin à suivre pour vivre comme chrétiens et faire connaître Jésus autour de nous. L’Évangile nous dit que Jésus les envoie dans des localités où lui-même devait aller. Voilà un premier point important, le chrétien, quand il parle de sa foi, quand il annonce la Bonne Nouvelle, ne parle pas en son nom, mais au nom de celui qui l’a envoyé. Les chrétiens ne cherchent pas à se faire des propres disciples, mais à amener les autres à rencontrer Jésus. La mission doit se vivre avec humilité, notre rôle n’est seulement qu’un rôle de préparation, le rôle principal, c’est celui de Jésus.

Et de fait, comme nous le montre la suite du passage, c’est cela la principale force des chrétiens, leur force vient seulement de Jésus. Jésus indique à ses disciples de ne pas trop se préoccuper des choses matérielles (argent, sac, sandales,…) ni de chercher à se faire des relations avec le plus de personnes possibles. Cette pauvreté, cette apparente faiblesse, cache en réalité la plus grande force. En laissant Dieu agir à travers eux, les chrétiens s’appuient sur ce qu’il y a de plus puissant dans le monde : le pouvoir de Dieu lui-même. Dieu aime à se choisir de faibles instruments. Il semble même, comme nous le montre l’histoire des saints, que plus l’instrument est petit, plus l’œuvre sera grande. De manière à ce qu’éclate au grand jour la puissance de Dieu.

Jésus demande aussi à ses disciples de guérir les malades et d’annoncer que le Royaume des Cieux est proche. Il est important pour les chrétiens de se rappeler souvent quel est leur véritable trésor, ce qu’ils ont de plus précieux à offrir. La plus grande chose que les chrétiens puissent faire est de donner Jésus, de le faire connaître. L’homme cherche éperdument à combler le vide qu’il y a dans son cœur dans le divertissement, le plaisir, le pouvoir,… Mais il n’y a que Jésus qui puisse le combler, Jésus est le seul qui puisse guérir notre cœur malade. C’est cela que nous devons donner au monde. En connaissant Jésus, nous avons le meilleur, la seule chose nécessaire. C’est cela qu’il nous fait avant tout partager, en faisant de notre vie un témoignage d’amour

Frère Jean Marie Fornerod, LC