Prière du jour

Merci, Seigneur, de me permettre de commencer ce moment de prière. Mon âme a soif de Toi ! Je m’approche du puits de Ta grâce, je viens puiser cette eau que Tu offres au monde. Sur la Croix, Toi aussi Tu m’as déclaré Ta soif, je viens pour T’offrir l’eau de ma présence et de mon amour. Apprends-moi à Te reconnaître comme mon Seigneur et mon Dieu. Mon Dieu, merci de m’avoir envoyé le Christ, Ton Messie. Apprends-moi à Le reconnaître, à Le suivre, à me laisser guider par Sa voix. Ne permets pas que je Le rabaisse ou L’instrumentalise selon mes intérêts.

Réflexion

Sommes-nous prêts à accepter que la présence de Dieu dans nos vies soit la seule solution qui, sans rien résoudre spécifiquement au quotidien, résolve tout ? Croyons-nous vraiment qu’avec Jésus ressuscité la mort elle-même prend un sens ?

Le diable continue sa lutte mais il a perdu d’avance car l’amour de Dieu est plus fort que notre faiblesse. Désormais une seule chose reste en jeu : notre liberté. Est-ce que je veux d’un Messie qui ne m’apporte rien d’autre que Dieu Lui-même ? Suis-je prêt à renoncer à toutes les idoles qui sont censées m’apporter le bonheur, comme l’argent, la richesse, la popularité, pour ne rechercher que le bonheur qui vient de Dieu ? Jésus n’est pas une présence consolante de plus, Il est Dieu, Il est absolu : tout le reste n’a de sens dans ma vie qu’en relation avec Lui.

En s’incarnant Jésus rend la présence de Dieu toute proche, mais, en même temps, Il nous montre comme nous sommes encore loin de Lui. En contemplant la vie et la mort du Christ nous comprenons que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées, que nous avons encore besoin de conversion pour transformer notre manière d’être. Si Jésus était présent aujourd’hui en chair et en os dans ma maison, quels marchands du temple que j’ai accueillis chasserait-il ? À quelle prostituée que j’ai condamnée pardonnerait-il ? Quel est le prochain qu’il me demanderait d’aimer jusqu’à donner ma vie ?

Méditations sur l’Évangile d’aujourd’hui

Évangile selon St Luc, chapitre 9, 1-6

Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. » Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

Méditations

Dans ce passage de l’Évangile, le Christ envoie ses douze apôtres en mission. Jusqu’à présent, c’était lui qui parcourait en tous sens la Galilée pour annoncer la venue du règne de Dieu. Dorénavant, ce seront les Douze qui se chargeront de cette mission. C’est comme si Jésus leur disait : « Faites tout ce que j’ai fait ! Imitez non seulement mes paroles, mais aussi mes miracles ». Voilà qui est frappant ! S’il ne s’agissait que de parler, ce serait encore jouable, mais accomplir des miracles… ! Le Christ ne leur demande-t-il pas l’impossible ? Non, Dieu ne demande jamais l’impossible, il nous donne toujours la force d’accomplir ce qu’il nous commande. Ici, saint Luc insiste sur l’autorité que Jésus confie à ses apôtres. Cette autorité sur les ennemis du corps et de l’âme ne doit pas être un motif de gloire, mais de service. Les apôtres et leurs successeurs sont des ministres, c’est-à-dire des serviteurs du peuple de Dieu. Seigneur, donne-moi l’humilité de servir ton Église en accomplissant ma mission avec fidélité !

Le Christ continue en donnant quelques consignes pratiques à ses apôtres : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange ». Pourquoi le Seigneur demande-t-il un tel dépouillement ? Si je devais faire un long voyage, la première chose que j’emporterais serait ma carte bancaire. Mais pour les apôtres, il a quelque chose de plus important que la sécurité ou l’efficacité. Le plus important, c’est d’être l’instrument docile du Seigneur dans la rencontre avec chaque personne. Pour être un instrument fidèle, je n’ai besoin ni d’argent, ni de moyens techniques, il me faut simplement connaître et aimer la volonté de Dieu. Voilà pourquoi il faut être pauvre. Le Christ invite ses apôtres à vivre une pauvreté radicale pour qu’ils soient libres de tout souci. Cette liberté leur permet de se dédier complètement à lui, à le connaître et à le faire connaître. Seigneur, détache-moi de tout ce qui m’éloigne de toi !

Les dernières paroles que le Christ adresse à ses apôtres dans ce passage de l’Évangile sont un avertissement : « Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux ». La mission des apôtres ne sera pas facile, on les chassera et on les maltraitera. Moi aussi, en tant que baptisé, j’ai une mission d’évangélisation. Cette mission ne sera pas facile, je dois m’attendre à de la résistance de la part des personnes que je rencontrerai. Mais cela ne doit pas être un prétexte pour me décourager. Écoutons ce que répondit don Bosco quand on lui parlait d’un jeune homme de son patronage, hier fervent et fidèle au devoir, aujourd’hui transformé en ange des ténèbres : « Que voulez-vous, répliquait-il alors d’un ton que l’on sentait tout proche des larmes, que voulez-vous ? À nous la peine, la fatigue et le travail ; à Dieu, le salut de ces âmes. Il nous demande la cure, mais pas la guérison, comme dit saint Bernard ». (Saint Jean Bosco, A. Auffray, chap. 15). Je ne suis pas Dieu, c’est lui seul qui guérit, lui seul qui donne la grâce. Tout ce que je peux faire, c’est disposer les personnes que je rencontre à recevoir cette guérison, à dire oui à l’amour de Dieu. Seigneur, ne permets pas que je me décourage !

Frère Benoît Terrenoir, LC